En France, le gaz naturel reste le combustible le plus utilisé pour le chauffage résidentiel. Selon le tableau de suivi de la rénovation énergétique du ministère de la Transition écologique, 35 % des logements français utilisent le gaz naturel comme énergie principale de chauffage en 2024. L’électricité (hors pompes à chaleur) suit à 29 %, puis le bois à 11 %, les pompes à chaleur à 10 % et le fioul à 7 %.
Cette hiérarchie va changer. La RE 2020 interdit de fait l’installation de chaudières gaz dans les logements neufs à partir de 2025. Le gaz domine encore le parc existant, mais son recul a déjà commencé.
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Pourquoi le gaz naturel domine encore le chauffage en France
La réponse tient à l’histoire du parc immobilier français. Une grande partie des logements construits entre les années 1970 et 2000 ont été raccordés au réseau de gaz de ville. Changer de système de chauffage dans ces bâtiments représente un investissement lourd : remplacement de la chaudière, adaptation du réseau de radiateurs, parfois modification de l’isolation.
Le gaz naturel s’est imposé parce qu’il offrait un bon compromis entre coût d’usage et confort thermique. Une chaudière à condensation moderne tire parti de la chaleur contenue dans les fumées pour atteindre des rendements très élevés. La montée en température est rapide, la régulation précise.
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Vous avez déjà remarqué que les immeubles collectifs en ville fonctionnent presque tous au gaz ou via un réseau de chaleur ? C’est lié à la densité du réseau de distribution. Dans les zones urbaines denses, le raccordement au gaz reste plus simple et moins coûteux que l’installation de pompes à chaleur individuelles, surtout en copropriété.

RE 2020 et interdiction du gaz dans le neuf : ce qui change concrètement
La réglementation environnementale 2020 a fixé des seuils d’émissions de gaz à effet de serre que les chaudières gaz ne peuvent pas respecter dans les constructions neuves. Depuis 2022 pour les maisons individuelles et 2025 pour le collectif, installer une chaudière gaz dans un logement neuf n’est plus conforme à la réglementation.
Cela ne signifie pas que le gaz disparaît du jour au lendemain. Le parc existant, qui représente la très grande majorité des logements, continue de fonctionner avec des équipements gaz. La transition se fait au rythme des rénovations et des remplacements de chaudière.
Ce que cela implique pour un propriétaire
Si vous possédez une maison chauffée au gaz, rien ne vous oblige à changer immédiatement. En revanche, au moment de remplacer votre chaudière, la pompe à chaleur devient l’alternative la plus poussée par les aides publiques. Le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) et MaPrimeRénov’ orientent clairement vers l’électrification du chauffage.
Le choix se pose différemment selon l’isolation du logement. Une pompe à chaleur air-eau fonctionne bien dans une maison correctement isolée. Dans une passoire thermique, le gain réel peut décevoir sans travaux d’isolation préalables.
Bois, fioul, électricité : où se situent les autres combustibles
Le bois – bûches, granulés (pellets) ou plaquettes – représente environ 11 % des logements chauffés. C’est une énergie renouvelable dont le coût au kWh reste parmi les plus bas. Un poêle à granulés ou une chaudière bois performante convient particulièrement aux maisons en zone rurale, là où l’approvisionnement est facile.
- Le bois en bûches reste le combustible le moins cher à l’achat, mais demande de la manutention et un espace de stockage sec. Le rendement dépend beaucoup de l’appareil : un insert moderne chauffe bien mieux qu’une cheminée ouverte.
- Les granulés de bois offrent une combustion automatisée et un rendement élevé. Le coût a connu des variations importantes ces dernières années, ce qui incite à comparer les fournisseurs locaux avant de s’engager.
- Le fioul domestique, encore présent dans 7 % des logements, est en déclin. L’installation de nouvelles chaudières fioul est interdite depuis 2022. Les ménages encore équipés sont souvent des propriétaires de grandes maisons rurales, parfois âgés, pour qui le remplacement représente un coût significatif.

L’électricité directe : un cas particulier français
Avec 29 % des logements, l’électricité (convecteurs, radiateurs à inertie, planchers chauffants) occupe la deuxième place. Ce chiffre s’explique par le parc nucléaire français, qui a rendu l’électricité compétitive pendant des décennies. Les petits appartements, notamment ceux construits dans les années 1980-1990, sont massivement équipés de convecteurs électriques.
Le problème est connu : un convecteur ancien consomme beaucoup et chauffe mal. Remplacer de vieux convecteurs par des radiateurs à inertie réduit sensiblement la facture sans changer de source d’énergie. C’est souvent le premier geste de rénovation, avant même l’isolation.
Quel combustible choisir selon son logement et sa localisation
Le meilleur combustible n’existe pas dans l’absolu. Le choix dépend de trois paramètres concrets.
- Le niveau d’isolation du logement. Une pompe à chaleur dans une maison mal isolée tourne en surrégime et perd son avantage économique. Investir d’abord dans l’isolation (combles, fenêtres, murs) change la donne quel que soit le système retenu.
- La localisation géographique. En zone urbaine raccordée au gaz, la transition passe souvent par une pompe à chaleur hybride (couplée à une chaudière gaz existante). En zone rurale, le bois ou les granulés restent très compétitifs.
- Le budget disponible. Une chaudière gaz à condensation coûte moins cher à l’achat qu’une pompe à chaleur, mais les aides financières réduisent l’écart. Le solaire thermique, en appoint pour l’eau chaude, diminue aussi la facture globale sans remplacer le système principal.
Le gaz naturel conserve sa première place dans le chauffage résidentiel français, mais cette position reflète l’inertie du parc immobilier existant. La bascule vers les pompes à chaleur et le bois s’accélère dans le neuf et les rénovations. Pour un propriétaire qui remplace son système aujourd’hui, le choix se joue entre la pompe à chaleur, le bois énergie et, dans certains cas, un système hybride gaz-électrique adapté à la transition.

